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Témoignage de Murielle, opératrice de production et formatrice

Article publié le 19 novembre 2020

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Depuis son arrivée chez Thales en 2011, Murielle a largement démontré toute l'étendue de ses compétences. Ayant acquis la confiance de ses collègues et de ses responsables, elle a pu progresser dans l'entreprise et de nouvelles responsabilités lui ont été confiées, qu'elle a assumées avec brio.

Comment se passe votre intégration dans les équipes de Thales ?

Je suis arrivée chez Thales en 2011 et j’ai débuté par différents postes d’opératrice de production. Mon intégration s’est globalement très bien déroulée puisque mon responsable m’a tout de suite fait confiance. Et si mes collègues ont pu avoir quelques craintes quant à ma bonne compréhension des consignes, ils ont très vite pris conscience que je ne suis pas moins intelligente qu’eux. D’ailleurs, mon handicap me permet d’être plus attentive à certains détails visuels. Après, il est vrai qu’il peut m’arriver d’oublier mes gants, mais cela peut arriver à tout le monde.

Petit à petit, j’ai pu assumer de plus en plus de responsabilités et, voyant ma bonne connaissance des machines sur lesquelles j’exerce, mon responsable m’a proposé de former d’autres employés à celles-ci. Aujourd’hui, l’entreprise me fait confiance et m’emploie uniquement pour mes compétences.

De quelle manière votre poste de travail a-t-il été aménagé ?

Je n’ai pas besoin d’aménagements spécifiques de mon poste. Au départ, une sensibilisation au langage des signes a été organisée. Lors de réunions d’équipe, l’intervention d’une interface de communication peut être nécessaire.

En quoi consiste votre travail ?

Mon travail concerne le moulage de pièces pour des appareils médicaux. Ce qui est intéressant dans ce poste, c’est qu’il n’est pas répétitif. Je travaille actuellement sur quatre types de fours. Ces fours vont chauffer les pièces suivant des temps définis. Ce travail nécessite un certain sens de l’observation mais surtout une certaine rigueur : il faut contrôler les paramètres des fours car toutes les pièces ne nécessitent pas les mêmes réglages. Avant d’être moulée, une pièce va passer dans plusieurs fours successifs, et c’est en jonglant avec les paramètres des uns et des autres que je peux mouler des pièces conformes. Il m’arrive aussi de faire de la saisie sur ordinateur au niveau de la production.

Comment se sont déroulées les formations ?

Au départ, les personnes que je devais former étaient inquiètes par rapport à ma surdité et pensaient qu’il était impossible que je les forme. Elles se demandaient comment j’allais faire sans interface. Petit à petit, elles ont joué le jeu et se sont détendues. Elles ont appris certains mots de LSF (Langue des signes française) et pour poser des questions, nous utilisions l’écrit.

J’ai également développé des supports spécifiques avec de nombreuses images pour être assez visuelle. Je leur demandais de bien observer ce que je faisais au niveau de mes mains.

Au départ, je contrôlais chacune de leurs manipulations sur la machine puis, au fur et à mesure, je les laissais faire. J’ai ainsi formé une dizaine de personnes sur des périodes allant d’une semaine à 3 mois de formation.
Cela m’a beaucoup plu : c’est une façon de reconnaître mon travail, de reconnaître qu’une personne sourde peut être compétente, et que ces compétences ne sont en aucun cas affectées par mon handicap.

Ces formations m’ont aussi permis de créer des liens conviviaux avec l’équipe, je me fais même taquiner !

Article écrit en partenariat avec Talentéo.

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